Le péridot.

Je vous le dis tout de suite : le péridot n’est pas la dernière découverte à la mode en matière de pierre de soins. On sait en effet actuellement que les premiers cristaux de péridot ont probablement été exploités dès le premier millénaire avant J.C. dans la petite île de Zabargad située en Mer Rouge.

Zabargad est connue depuis l’antiquité pour ses gisements d’olivine, un silicate de fer et de magnésium cristallisé de couleur verte. Ainsi, dès l’époque des pharaons et jusqu’à relativement récemment, ce minéral y était extrait afin d’être utilisé en joaillerie sous le nom de péridot. Conclusion : olivine ou péridot, c’est du pareil au même… Cette île fut autrefois appelée Topazos, et les croisés la dédièrent à Saint Jean (d’où son autre nom Saint-John), mais ignorèrent ses richesses tellement le secret était bien gardé et caché aux étrangers. Car Zabargad renferme le gisement de péridot historiquement le plus célèbre et le plus important. Il est malheureusement abandonné aujourd’hui. Les principaux gisements actuels se situent en Arizona, en Chine, au Vietnam et au Pakistan.

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De formule chimique Mg Fe2SiO4, le péridot a une dureté de 6.5 à 7 sur l’échelle de Mohs et relève du système cristallin orthorhombique. C’est une pierre semi-précieuse idiochromatique, c’est-à-dire qu’elle doit sa couleur si particulière à la composition chimique fondamentale du minéral lui-même et non pas à des traces de divers autres éléments chimiques comme c’est souvent le cas. Ce qui explique que le péridot n’existe qu’en une seule couleur, ce vert pomme inimitable.

Historiquement et compte tenu des nombreux siècles d’exploitation que le péridot a connu, il fait partie de joyaux de légendes. C’est ainsi qu’il est supposé avoir été présent sur le pectoral du grand prêtre de Jérusalem, avec 11 autres pierres fines ou précieuses. Il passe pour avoir été la pierre favorite de Cléopâtre : c’est plausible, pour elle, la source n’était pas très éloignée. Les croisés ont ramené en Europe plusieurs péridots de belle taille qui ont le plus souvent servi à orner de nombreuses églises médiévales : on en trouve dans la cathédrale de Cologne. Au fil de son histoire, le péridot a parfois été confondu avec d’autres pierres et particulièrement avec l’émeraude. Beaucoup de ces « émeraudes » faisant partie des trésors royaux se sont révélées être des péridots. Grandeur et décadence…

De nombreux mythes ont circulé et circulent peut-être encore sur le péridot. Il est supposé favoriser l’amitié, libérer l’esprit du péché d’envie, rendre son porteur plus éloquent et même augmenter l’efficacité des potions médicinales. Les anciens pirates l’appréciaient pour sa capacité à éloigner le mauvais œil et les terreurs de la nuit. Enfin, l’évêque Marbode de Rennes ne lui accorde des facultés de protection contre le démon qu’à la condition que le péridot soit percé, enfilé sur un crin d’ânon et porté au bras gauche…

De son côté, Hildegarde Von Bingen n’est pas en reste : pour elle, le péridot tenu au-dessus d’un vin chaud et pris pendant une heure environ dans la bouche, calmerait la fièvre et apporterait du bien-être. Pensez quand même d’abord à une simple aspirine!

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Les auteurs “modernes” quant à eux, s’entendent pour reconnaître au péridot des propriétés énergisantes et défatigantes, reconstituantes, détoxicantes pour le foie, équilibrantes et digestives. Il dynamise les défenses naturelles de l’organisme lors de maladies infectieuses et renforce le système immunitaire. Il est cité comme une pierre du renouveau, en amorçant des changements dans une situation amoureuse précaire ou conflictuelle. Dans le même registre, il apaiserait les tendances à la jalousie. Enfin, il dissipe la colère et la culpabilité.